« Les antibiotiques, c’est pas automatique ! » |
|
|
| Mis à jour : Mercredi, 18 Février 2009 |
|
La famille des antibiotiques comprend aujourd’hui de très nombreux médicaments, certains d’usage courant, d’autres réservés à un usage très spécifique en milieu hospitalier. Entre mauvais usage, surconsommation et automédication, le formidable potentiel thérapeutique de ces médicaments est menacé, tout simplement parce que les micro-organismes y sont de plus en plus résistants. Pourquoi des campagnes d’information ?Depuis 2002, les pouvoirs publics et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ont mené des campagnes d’information visant à réduire la consommation d’antibiotiques en France (en tête des pays européens pour ce type de prescription). Cet ensemble de campagnes, intitulé « Les antibiotiques, c’est pas automatique », vise à informer le public sur l’inutilité des antibiotiques dans certaines situations (les infections virales respiratoires, notamment, comme la grippe ou la bronchiolite par exemple). L’effort a porté ses fruits avec une diminution de la consommation des antibiotiques. Cependant, une analyse approfondie laisse craindre des prescriptions de substitution : si la consommation de pénicillines et de macrolides, largement utilisés dans le traitement des affections respiratoires et des angines, a enregistré une baisse, des molécules plus récentes, telles que les fluoroquinolones, ont vu leurs prescriptions augmenter. L’objectif de santé publique n’est donc pas atteint. Les objectifs de ces campagnes sont également économiques : un meilleur usage des antibiotiques répond aussi à l’impératif de baisse des coûts de l’Assurance maladie. D’un point de vue médical, certaines situations deviennent réellement préoccupantes. Un nombre croissant de souches de staphylocoques dorés, d’haemophilus ou de pneumocoques, pour ne prendre que ces exemples, résiste aux antibiotiques. Certaines souches de bacilles de la tuberculose sont même devenues réfractaires aux antituberculeux classiques. Il en va de même en milieu hospitalier où les bactéries multirésistantes provoquent des infections postopératoires graves et difficiles à traiter. C’est pourquoi un certain nombre d’antibiotiques ne peuvent être prescrits par les médecins de ville et sont réservés aux cas les plus graves, à l’hôpital. Un autre problème, et non des moindres, est celui de l’usage vétérinaire des antibiotiques. Ceux-ci sont très largement utilisés pour traiter les maladies des animaux de ferme et peuvent de ce fait se retrouver à l’état de résidus dans les produits d’origine animale consommés par l’homme (lait, viandes, œufs, etc.). Afin d’éviter ces résidus, susceptibles de favoriser les résistances bactériennes et de rendre plus difficile le traitement des maladies chez l’homme, un système de « temps d’attente » a été mis en place : un délai précis, variable selon les médicaments, les voies d’administration et les espèces animales, doit être respecté entre le dernier traitement antibiotique des animaux et la consommation de leurs produits par l’homme. Les messages de la campagne d’information
|