Ce médicament est un antirétroviral actif sur le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le composant actif est le lopinavir, qui appartient à la famille des inhibiteurs de la protéase du VIH (antiprotéases). En bloquant cette enzyme, il empêche la reproduction du virus dans les cellules infectées, sans toutefois permettre son élimination. L'autre composant est le ritonavir, qui est également une antiprotéase, mais qui n'est pas utilisée dans cette association à une dose antivirale, mais à une dose permettant d'augmenter les concentrations du lopinavir dans l'organisme (effet dit de "booster").
Il est utilisé chez les patients infectés par le VIH en association avec d'autres médicaments antirétroviraux. Il peut être utilisé chez l'adulte et l'enfant de plus de 2 ans.
insuffisance hépatique grave ;
en association avec les médicaments contenant l'une des substances suivantes : astémizole, terfénadine, midazolam, triazolam, cisapride, pimozide, amiodarone, dérivés de l'ergot de seigle (ergotamine, diergotamine), flécaïnide, propafénone, rifampicine ;
en association avec les produits de phytothérapie contenant du millepertuis.
la solution buvable est contre-indiquée chez les enfants de moins de 2 ans, les femmes enceintes, les patients présentant une insuffisance hépatique ou une insuffisance rénale et ceux traités par disulfirame ou métronidazole, en raison du risque potentiel de toxicité de l'excipient propylène glycol (voir Attention).
Des troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhées...) surviennent fréquemment en début de traitement. Ces signes régressent le plus souvent spontanément en quelques semaines. Si ces troubles persistent et empêchent une hydratation correcte, vous devez rapidement contacter votre médecin.
Des précautions sont nécessaires en cas d'hémophilie (risque accru d'hématomes et de saignements : les patients doivent signaler à leur médecin l'apparition de bleus sans cause apparente).
Une surveillance accrue des transaminases est nécessaire lors de l'administration de Kaletra en cas d'hépatite B ou C.
Une inflammation du pancréas (pancréatite) peut survenir au cours du traitement. Ce risque est plus important si vous avez des antécédents de pancréatite ou une élévation des triglycérides ; dans ce cas une surveillance plus étroite clinique et biologique est nécessaire. Si elle n'est pas diagnostiquée à temps, elle peut provoquer d'importantes douleurs au ventre et dans le dos, des nausées, des vomissements, et impose une hospitalisation. Contactez rapidement votre médecin si vous ressentez de telles manifestations. Eviter la consommation régulière et excessive d'alcool qui augmente ces risques de pancréatite.
La solution buvable contient de l'alcool et du propylène glycol en quantité notable et doit être évitée en cas d'insuffisance hépatique. Elle ne doit pas être associée à des boissons alcoolisées, à d'autres médicaments en solutions alcoolisées (par exemple l'amprénavir en solution buvable) ou à des médicaments tels que le métronidazole ou le disulfiram (risque de malaise).
Une vérification du taux de cholestérol et de triglycérides est conseillée avant la prise du Kaletra et à intervalles réguliers pendant le traitement. Une attention particulière est nécessaire en cas de valeurs initiales élevées ou en cas d'antécédents de troubles du métabolisme des graisses.
Le traitement antiviral n'élimine pas le risque de transmission du VIH à d'autres personnes lors de rapports sexuels : vous devez continuer à prendre les mesures de protections appropriées (préservatifs).
névirapine, éfavirenz : une augmentation de la posologie de Kaletra doit être envisagée en cas d'association avec la névirapine.
Inhibiteurs de protéase : Kaletra est susceptible d'augmenter les concentrations dans le sang d'autres inhibiteurs de protéase : amprénavir, indinavir, nelfinavir et saquinavir.
Des dosages des médicaments dans le sang sont conseillés pour adapter au mieux les doses d'antiviraux lorsque de telles associations sont utilisées.
Ce médicament est contre-indiqué avec les médicaments contenant l'une des substances suivantes : astémizole, terfénadine, midazolam, triazolam, cisapride, pimozide, amiodarone, dérivés de l'ergot de seigle (ergotamine, diergotamine), flécaïnide, propafénone, rifampicine, millepertuis.
Médicaments à visée cardiaque : bépridil, lidocaïne (voie intraveineuse), quinidine, félodipine, nifédipine, nicardipine : les concentrations de ces médicaments peuvent être augmentées en cas d'association avec Kaletra. Des précautions d'emploi doivent être observées et la surveillance des concentrations thérapeutiques est recommandée, si possible.
Anticoagulants : les concentrations de warfarine peuvent être modifiées en cas de coadministration avec Kaletra.
Antiépileptiques (phénobarbital, phénytoïne, carbamazépine) : ces médicaments peuvent entraîner des diminutions des concentrations plasmatiques du lopinavir.
Disulfirame, métronidazole : la solution buvable de Kaletra contient de l'alcool, de ce fait l'association à ces médicaments qui réduisent le métabolisme de l'alcool peut provoquer des malaises.
Certains hypocholestérolémiants de la famille des statines : l'association de la lovastatine et de la simvastatine est déconseillée car le Kaletra augmente fortement leur concentration dans le sang avec un risque de toxicité musculaire. Si un traitement par une statine est nécessaire, il est préférable d'utiliser la pravastatine ou la fluvastatine.
Dexaméthasone : elle peut diminuer les concentrations plasmatiques de lopinavir.
Sildénafil : l'association au Kaletra n'est pas recommandée, sinon la dose prescrite de sildénafil ne doit pas dépasser 25 mg toutes les 48 heures.
Kétoconazole, itraconazole, clarithromycine : leurs concentrations plasmatiques peuvent être augmentées en cas d'association à Kaletra.
Méthadone, contraceptifs oraux (éthinylestradiol) : le Kaletra peut diminuer les concentrations plasmatiques de ces médicaments. Un autre mode de contraception doit être envisagé pendant la durée du traitement.
Rifabutine : une diminution de la dose de la rifabutine (150 mg un jour sur 2 ou 3 fois par semaine) est recommandée en cas d'association avec Kaletra. Une réduction supplémentaire peut être nécessaire.
Ces recommandations vis-à-vis de l'association à certains médicaments doivent être modulées selon les situations et l'importance de ce traitement associé. Hormis certaines contre-indications formelles, une adaptation des doses est envisageable dans certains cas.
Des dosages sanguins pour certains médicaments et les antirétroviraux associés peuvent être très utiles pour adapter les doses.
L'effet de ce médicament pendant la grossesse est mal connu. Si une grossesse survient au cours du traitement, prévenez votre médecin.
L'infection par le VIH contre-indique l'allaitement.
Les comprimés peuvent être pris au cours ou en dehors d'un repas. Ils doivent être avalés en entier sans être ni mâchés, ni coupés, ni broyés.
La solution buvable est recommandée pour les patients présentant des difficultés à avaler et pour les enfants.
Adulte et adolescent : la posologie recommandée est de 400 mg de Lopinavir et 100 mg de Ritonavir, 2 fois par jour.
Les doses doivent être adaptées en cas d'insuffisance rénale.
Enfant âgé de 2 ans et plus : la posologie est calculée en fonction de la surface corporelle. L'usage de Kaletra n'est pas recommandé chez l'enfant de moins de 2 ans.
Ce traitement doit être pris tous les jours : veillez à toujours disposer d'une réserve de médicament.
Ce médicament doit être conservé au réfrigérateur entre + 2 °C et + 8 °C. S'il est placé en dehors du réfrigérateur, ne pas le conserver au-dessus de 25 °C et ne plus l'utiliser après 42 jours (6 semaines). Il est conseillé d'inscrire la date de sortie du réfrigérateur sur le conditionnement. Éviter l'exposition à une chaleur excessive.
L'activité d'un traitement antirétroviral est maximale si vous respectez strictement les doses et les modalités de prise. Dans le cas contraire, il existe un risque d'apparition de résistances virales qui peut compromettre l'efficacité des traitements ultérieurs.
Le traitement nécessite un suivi régulier pour s'assurer du bon contrôle de l'infection et prévenir la survenue de complications évolutives (notamment des infections opportunistes). Il est important de garder un contact régulier avec votre médecin traitant.
Conditions particulières de délivrance :
Ce médicament est disponible en ville et à l'hôpital.
Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit être obligatoirement prescrit pour la première fois à l'hôpital (prescription initiale hospitalière annuelle).
La prescription peut être renouvelée par le médecin traitant (pour une durée maximale d'un an, si les examens sont satisfaisants) mais toute modification nécessite une nouvelle prescription hospitalière. Elle doit être renouvelée après 12 mois obligatoirement à l'hôpital.
La délivrance des antirétroviraux se fait sur la présentation des 2 ordonnances : la prescription initiale hospitalière datant de moins de 1 an et l'ordonnance de renouvellement du médecin de ville identique à cette dernière.
Les effets indésirables les plus fréquents sont : diarrhées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, maux de tête, éruption cutanée, acné, sueurs, selles anormales, troubles digestifs et insomnie.
Le traitement peut entraîner des perturbations du métabolisme des sucres et des graisses. Il peut également avoir une toxicité pour le foie (augmentation des transaminases) et le pancréas. Des prises de sang régulières sont nécessaires pendant la durée du traitement.
Une redistribution anormale des graisses peut être observée après plusieurs mois de traitement (lipodystrophie) avec les associations d'antirétroviraux, dont celles comportant des antiprotéases. Elle peut entraîner une augmentation de la taille de la poitrine, de l'abdomen, et de la nuque (bosse de bison), et une diminution de la graisse périphérique des membres, des fesses et des joues.
Les risques de saignement peuvent être majorés chez les hémophiles.
Beaucoup d'autre effets indésirables ont été plus rarement observés, et il souhaitable de demander conseil à votre médecin traitant en cas de survenue de manifestations cliniques inhabituelles, afin de rechercher un lien éventuel avec la prise de ce médicament.