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Ginseng

Mis à jour : Lundi, 06 Août 2012

Le ginseng fait partie des plantes médicinales dites « adaptogènes », c’est-à-dire qui aideraient l’organisme à répondre aux agressions et aux déséquilibres dont il est l’objet. Son usage contre le stress, la fatigue et pour prévenir les infections respiratoires bénignes de l’hiver semble intéressant. De plus, il pourrait avoir un intérêt dans le traitement des problèmes d’érection et dans celui du diabète de type 2.

Origine et usages du ginseng

ginseng

Le ginseng (Panax ginseng) est cultivé en Chine, en Corée et au Canada. Sa racine, à la forme rappelant parfois un être humain, est récoltée, éventuellement étuvée (traitement à la vapeur) puis séchée. On utilise les racines des plantes âgées de plus de quatre ans.

En phytothérapie, le ginseng est utilisé pour lutter contre le stress, comme tonique général en cas de fatigue physique ou intellectuelle, et pour aider les convalescents à recouvrer la santé. Il a également la réputation de stimuler les défenses immunitaires, de traiter les troubles de l'érection (impuissance masculine) et de contribuer au contrôle de la glycémie (taux de sucre dans le sang) chez les personnes qui souffrent de diabète de type 2.

Les autres usages traditionnels du ginseng
Le ginseng est également proposé pour soulager les maladies du foie, les rhumatismes, la toux, la fièvre, et pour favoriser la convalescence des personnes souffrant de tuberculose.

Comment le ginseng agit-il ?

Les racines de ginseng contiennent des saponines triterpéniques, les ginsénosides, dont il existe au moins une douzaine de variétés. Pour essayer d’expliquer les effets complexes de ces substances (qui semblent varier selon l’état de celui qui les prend), un scientifique russe du nom de Lazarev a créé, en 1947, un terme spécifique : adaptogène. Les substances adaptogènes lutteraient contre le stress et favoriseraient le retour à l’équilibre. Cette notion est difficile à intégrer et à évaluer dans le contexte de la médecine occidentale.

Dans les essais in vitro (sur des cultures de cellules) et chez l’animal, des études ont montré que les extraits de ginseng stimulaient certaines cellules de l’immunité (lymphocytes) et les incitaient à produire des interférons (des substances capables de neutraliser certains virus). De plus, ces extraits semblent capables d’augmenter le taux de cortisol dans le sang (l’hormone qui nous permet de réagir au stress) et d’inhiber l’action de la prolactine (une hormone qui diminue le désir sexuel chez l’homme).

Quelques autres plantes utilisées pour lutter contre le stress
La phytothérapie traditionnelle utilise également d’autres plantes adaptogènes :

Quelle efficacité pour le ginseng ?

Les études cliniques mesurant les effets du ginseng sur la fatigue, le stress et les performances physiques ou intellectuelles sont nombreuses, mais elles souffrent dans leur ensemble de graves lacunes méthodologiques. À ce jour, il est impossible de confirmer objectivement ce type de propriétés chez l’homme, mais celles-ci ont été abondamment démontrées chez l’animal. En phytothérapie humaine, l’usage du ginseng dans ces indications repose uniquement sur la tradition.

L’effet stimulant des extraits de ginseng sur le système immunitaire a été démontré de manière assez convaincante dans le cadre des infections respiratoires hivernales (rhume) et dans celui de la réaction immunitaire après une vaccination contre la grippe (l’administration de ginseng améliore la réponse immunitaire provoquée par le vaccin). De la même manière, quelques études cliniques de bonne qualité suggèrent un effet régulateur sur la glycémie des personnes souffrant de diabète de type 2, ainsi qu’un effet positif du ginseng dans les troubles de l’érection. Néanmoins, dans cette indication, ces effets restent mineurs comparés à ceux des médicaments désormais disponibles.

Des études sont en cours pour étudier les effets du ginseng dans la prévention du cancer de l’estomac.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

... l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît comme « cliniquement établi » l’usage du ginseng pour « améliorer les capacités physiques et mentales lors de fatigue, d’épuisement, de troubles de la concentration et chez les personnes convalescentes ». Elle considère comme « traditionnel » son usage dans le traitement « des troubles de l’érection, des ulcères gastriques, du diabète de type 2 et pour protéger le foie ».

... la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage du ginseng comme « tonique lors de périodes de fatigue, de faiblesse, de difficultés à travailler et à se concentrer, et en période de convalescence ».

... l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage du ginseng lors de « diminution des capacités physiques et mentales (fatigue, épuisement, troubles de la concentration, convalescence) ».

... le NIH

Les Instituts nationaux de la santé américains considèrent comme « fondé sur de bonnes évidences scientifiques » l’usage du ginseng dans « le contrôle de la glycémie en cas de diabète de type 2, la stimulation du système immunitaire dans le cadre des infections respiratoires et dans la prévention des maladies cardiovasculaires ».

Comment utiliser le ginseng ?

Formes et dosage du ginseng

Le ginseng se présente sous forme de poudre de racines séchées (en gélules le plus souvent) ou de racines entières utilisées en décoction de dix à quinze minutes. Les racines de ginseng sont jaunes lorsqu’elles sont simplement séchées, ou rouges et translucides lorsqu’elles ont d’abord été traitées à la vapeur. Attention, les racines de ginseng vendues entières sont de qualité très variable selon leur origine. Soyez sûrs du vendeur ou préférez les produits commercialisés par des marques reconnues.

L’Organisation mondiale de la santé conseille une dose quotidienne de 0,5 à 2 g de racines séchées. Il est préférable prendre le ginseng le matin pour éviter les insomnies. Les produits de phytothérapie contenant du ginseng sont habituellement normalisés pour contenir 7 % de ginsénosides et se prennent à la dose de 200 mg, une à trois fois par jour.

Contre-indications du ginseng

Les personnes qui souffrent de diabète, d’hypertension artérielle ou de maladies cardiaques doivent s’abstenir de prendre des produits contenant du ginseng sans avis médical. De plus, les personnes qui souffrent d’insomnie, de troubles nerveux ou d’obésité doivent utiliser le ginseng avec prudence.

Effets indésirables et surdosage du ginseng

Les effets indésirables d’une consommation excessive de ginseng sont : nervosité, insomnie, irritabilité, diarrhée, élévation de la pression artérielle et palpitations.

Interactions du ginseng avec d’autres substances

Les personnes qui prennent un traitement anticoagulant (fluidifiant le sang) doivent discuter avec leur médecin de l’opportunité de prendre du ginseng. De la même manière, il est préférable d’éviter d’associer le ginseng avec d’autres plantes aux propriétés anticoagulantes : ail, gingembre, ginkgo, éleuthérocoque, kava, fève tonka, saule blanc, etc.

La prise de ginseng avec des médicaments traitant le diabète peut augmenter le risque d’hypoglycémie (taux de glucose anormalement faible dans le sang). De plus, le ginseng semble interagir avec de nombreux médicaments pour le cœur (par exemple la nifédipine).

Enfin, lors d’une cure de ginseng, il est préférable de limiter sa consommation de caféine (café, thé, chocolat, guarana, colas, etc.) pour éviter insomnie, irritabilité et palpitations.

Ginseng, grossesse et allaitement

L’Organisation mondiale de la santé déconseille l’usage du ginseng chez les femmes enceintes et chez celles qui allaitent.

Le ginseng chez les enfants

L’Organisation mondiale de la santé déconseille l’usage du ginseng chez les enfants et les adolescents de moins de dix-huit ans.

L'avis du spécialiste sur le ginseng

En phytothérapie traditionnelle, l'usage du ginseng se fait le plus souvent sous forme de cures dont la durée ne devrait pas excéder trois mois pour éviter, selon les praticiens traditionnels, un épuisement de l'organisme. Son usage devrait se faire préférablement sous contrôle médical.

Sources : The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998.
European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003.
PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001.
PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007.

 
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